LOPPSI II : SURVEILLER, FICHER, PUNIR

La « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » est un énième texte répressif d’inspiration sécuritaire. Retour sur une loi passée presque inaperçue.

A l’instar de tous ces textes qui ont été votés à un rythme effréné depuis 2007, LOPPSIII a été adoptée « du bout des lèvres » par la majorité UMP au Sénat il y a quelques semaines. Ce projet de loi, qui devra repasser à l’Assemblée Nationale, est le symbole de l’idéologie qui gouverne notre pays depuis plusieurs années. Il condense des dispositions répressives n’ayant entre elles aucune véritable cohérence. Un pêle-mêle qui prend pour cible les libertés avec en ligne de mire les jeunes et les étrangers.

Le fichage des citoyens toujours plus important.

Tout en reconduisant les dispositifs actuels, la majorité UMP s’apprête à les étendre. Les données relatives à un suspect innocenté ne seront plus systématiquement effacées : seront donc maintenues dans les fichiers dits « d’antécédents » des personnes qui, en réalité, n’en ont pas !Le fichage administratif est aussi de mise pour les mineurs délinquants avec la transmission systématique de toutes les décisions judiciaires les concernant au préfet et au président du conseil général.

Une surveillance généralisée.

Cette loi, si elle est définitivement adoptée, permettra également à toutes les entreprises privées d’implanter sur la voie publique des systèmes de vidéosurveillance « aux abords de leurs bâtiments et installations ». De même, le couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans s’accompagnera d’une pénalisation des familles en difficulté qui risqueront une amende et la suspension des prestations sociales. Les étrangers dans l’attente d’une « mesure d’éloignement », quant à eux, qui ne se présenteraient pas régulièrement à la police, seront passibles d’un an de prison. De nombreuses mesures liberticides sont prises : filtrage des sites internet par la police, répression accrue sur certaines catégories de population comme les Roms (avec la possibilité d’une évacuation d’office étendue aux « campements illicites »), méfiance vis-à-vis du Juge comme gardien des libertés… ne sont là que quelques exemples. Au regard de son contenu, ce projet de loi semble mettre sous tutelle la justice et restreindre les nos Libertés Publiques : serions-nous en train d’assister à l’avènement d’un Etat sécuritaire et paranoïaque ?

Source: l'Avant Garde.org