14 janvier 2011 : les Tunisiens réussissent l’incroyable, ils chassent Ben Ali du pouvoir. 23 ans qu’il dirigeait le pays d’une main de fer avec sa petite bande de dirigeants politiques corrompus ; 23 ans qu’il menait une politique économique désastreuse au service exclusif d’une poignée de capitalistes du monde entier. Pas de liberté, chômage de masse, salaires de misère et précarité à tous les étages : voilà ce qui a été imposé aux Tunisiens. Voilà ce qu’ils ont voulu briser en se mobilisant massivement, réclamant « Liberté, travail, dignité » ! Face aux casseurs d’avenir, les jeunes Tunisiens se sont levés. Avec la force du nombre, ils ont vaincu ! Sacrée leçon pour nous, non ? Pendant ce temps-là, à l’Elysée, au Fonds monétaire international (F.M.I.), à Bruxelles, etc. nos grands amoureux télévisés de la liberté étaient étrangement silencieux… Pire, le n°3 du gouvernement, la ministre Michèle Alliot-Marie a même proposé à Ben Ali le « savoir-faire de nos forces de sécurité » pour mater la Révolution tunisienne ! Bizarre ? Pas tant que ça ! Ca fait des années que la Tunisie est livrée corps et biens aux appétits des grands patrons français amis de Nicolas Sarkozy ! La bande du Fouquet’s fait son beurre sur la misère des Tunisiens avec la bénédiction de Ben Ali. Ce serait quand même bête de lâcher un si bon copain… Liberté et développement pour la Tunisie ou profits record pour les transnationales ? Il fallait choisir. Ils ont vite choisi… Si Ben Ali est parti, la bande de voyous qui l’entourait au sommet du pouvoir tunisien est toujours en place… Ils parlent d’ailleurs de constituer un grand « gouvernement d’union nationale »… Un gouvernement avec tous les amis de Ben Ali et tous les révolutionnaires de la dernière heure : grosse et mauvaise blague ! Comme si au moment de la Révolution française, on avait fait un gouvernement avec tous les amis de Louis XVI en écartant tous les révolutionnaires (Robespierre, Saint-Just, etc.) ! Les amis de Ben Ali veulent garder la main à tout prix et en finir avec la Révolution tunisienne. C’est inadmissible, c’est une insulte à tous les Tunisiens qui se sont mobilisés (parfois jusqu’à risquer leur vie voire se suicider !) pour la liberté, le travail et la dignité ! Comme le réclament les progressistes tunisiens (Parti communiste de Tunisie, Ligue des droits de l’Homme…), c’est une Assemblée constituante qu’il faut afin que le peuple tunisien puisse enfin reprendre en mains son destin. En se levant pour réclamer « Liberté, travail, dignité », les dizaines de milliers de jeunes Tunisiens ont envoyé au monde entier un puissant message. Quel formidable espoir pour les peuples de la région qui subissent la dictature de crapules corrompues et de financiers rapaces ! On a raison de trembler dans les palais présidentiels et les bourses de valeurs en Algérie, en Egypte, en Lybie… Si la jeunesse et le peuple s’unissent pour défendre leurs intérêts, ils ne feront pas long feu… Mais cette leçon vaut aussi pour l’Europe ; elle vaut aussi pour la France ! Les affameurs de la Tunisie amis jusqu’au bout de Ben Ali ont un nom : ils s’appellent Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn (patron du F.M.I.), Catherine Ashton (représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères) ou encore Carrefour, BNP et Lacoste. Ils ont aussi une politique, imposée en Tunisie comme dans le reste du monde : réduction des salaires, destruction des services publics, chômage de masse, pleins pouvoirs pour les patrons et profits maximum pour les actionnaires !